Colette

« Ah ! Vous avez frémi ! Vous étiez pris à mon rêve ? De grâce, donnez-moi pour mieux vous leurrer, donnez-moi de tendres crayons de pastel, des couleurs qui n’ont pas de nom encore, donnez-moi des poudres étincelantes, et un pinceau-fée… »

Colette, Paysages et Portraits

 

 

« Regarde… », ordonnait Sido, mère de Gabrielle, devenue écrivain… « Regarde… », écrivait Colette… racontant Sido, devenue personnage de littérature… « Regarde… », peignait à son tour, Mathurin Méheut, quand il illustrait Colette…

 

Le regard chez Colette est telle une source au flanc d’un coteau qui jaillit soudain, perce la roche et commence à entrainer dans son lit les éléments du sol… Effleurer le visible du bout d’un regard, « fixer » ce que l’on voit et ceux que l’on regarde dans un instant de vie, tel un fixateur chimique de la chambre noire du photographe, écrire l’instantané qui révèle… L’écriture est chez Colette comme un regard qu’il faut savoir contenir, guider et, au besoin, arrêter : un mouvement qui s’immobilise comme une image brusquement figée par un déclencheur photographique. Colette est aussi tel un metteur en scène qui voit tout son organisme mobilisé « à la pointe de l’œil », comme écrivait Jean Clair… et je m’y retrouve …

 

Colette m’a accompagnée à l’Université… quand j’y ai travaillé auprès de Michel Mercier. Aujourd’hui, Colette m’accompagne toujours et ponctue certains de mes instants de vie… occupant toute une étagère de ma bibliothèque, dans un couloir, … occupant toute une étagère de ma bibliothèque intérieure, dans un coin de ma mémoire… J’ai intégré Colette sans même m’en rendre compte… à mon insu, obscurément… tout doucement… et même si j’ai beaucoup oublié,… et même si je ne relis pas régulièrement…

 

 


 

 


 

 

 

 

« C’est si facile de ne pas lire Colette, de croire l’avoir lue parce qu’on nous en a parlé à l’école, … C’est si facile de ne pas lire Colette et pourtant de croire l’avoir lue. C’est si facile de ne pas aller la chercher dans ses livres, les autres livres, ceux finalement que l’on ne lit pas… »

 

P. Toussaint-Porte, C’est si facile de ne pas lire Colette,

Le Jardin d’Essai, Revue N°27, 2002

 

 

Ce numéro peut être commandé auprès du Jardin d’Essai.

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© Pascale-Toussaint-Porte